Vous souhaitez maximiser votre profit cette année? Certaines possibilités s’offrent à vous lors de votre déclaration de revenus afin de déduire vos charges et sauver de l’impôt. Survol des déductions admissibles pour le micro-entrepreneur en France.

Qu’est-ce qu’un micro-entrepreneur ?

L’auto-entrepreneur, devenu micro-entrepreneur depuis le 1er janvier 2016, est un statut juridique qui permet d’exercer ses activités d’entreprise dans le cadre d’un régime fiscal simplifié. Pour bénéficier du statut de micro-entreprise, vous devez respecter un plafonnement du chiffre d’affaires de :

  • 170 000 euros pour les activités de ventes de biens et d’hébergement.
  • 70 000 euros pour les autres prestations de services.

Limitations

Tout comme il est possible de le faire en tant que travailleur autonome ou propriétaire d’entreprise au Québec, le micro-entrepreneur peut œuvrer sous ce titre en cumulant une fonction d’étudiant, de salarié ou de fonctionnaire. Là où il est limité, c’est dans la pratique de ses activités. Le travailleur indépendant peut exercer toutes activités artisanales, la plupart des activités commerciales et certaines activités libérales. Par contre, certaines activités agricoles, immobilières ou artistiques ne peuvent être exercées dans ce cadre. Le statut d’entrepreneur individuel « classique » est alors requis.

Comment fonctionne l’imposition du régime ?

Le statut de micro-entrepreneur a été créé dans l’objectif de simplifier au maximum la gestion fiscale du travailleur indépendant. Ainsi, le régime est une réussite, car il permet d’alléger les démarches administratives en rendant inutile plusieurs déclarations fastidieuses. Le calcul de vos cotisations et de l’impôt sur le revenu dépend directement de votre chiffre d’affaires. Évidemment, vous avez tout de même la responsabilité de remplir vos obligations comptables.

Deux points importants sont à retenir :

Les charges sociales sont regroupées en un seul prélèvement rassemblant les cotisations pour la retraite, l’assurance maladie, etc.
La micro-entreprise bénéficie d’une franchise de TVA. Vous ne facturez pas cette taxe et n’avez donc aucune déclaration à faire.

Les frais professionnels… déductibles ou pas ?

Il est impossible de déduire ses frais professionnels en tant que travailleur autonome en France. Contrairement aux dépenses admissibles déductibles au Québec, les charges de l’auto-entrepreneur sont considérées dans le cadre de l’abattement forfaitaire avant impôt. Vous ne pouvez donc les réclamer, car cela reviendrait à déduire vos dépenses en double. C’est donc important de considérer l’ensemble de vos frais d’entreprise lors de la rédaction de vos devis et de la facturation au client, afin de ne pas dépenser à perte. Vos dépenses doivent s’additionner à votre tarif.

Quoi faire pour réduire ses dépenses d’exploitation ?

Afin de se décharger de certains frais professionnels, une solution est à votre disposition : les frais de débours. Le débours est une façon tout à fait légale de déduire certains achats d’entreprise. Il consiste en un frais engagé au nom et pour le compte du client. Vous avancez donc une somme qui sera ensuite remboursée par le client sous présentation d’une facture.

En procédant ainsi, le débours n’est pas ajouté à la facture que vous remettez personnellement à votre client. Vous ne facturez que la prestation. Cela vous permet de déduire quelques dépenses additionnelles, notamment celles liées à l’achat de matières premières, d’un produit fini pour l’installation ou pour les frais de port.

Souvenez-vous qu’un micro-entrepreneur est imposé sur la base de son chiffre d’affaires, et non sur son bénéfice.

Exemple de l’utilisation des frais de débours

Un graphiste doit faire imprimer 50 affiches pour un client. Dans le but d’éviter d’ajouter le coût d’imprimerie à son chiffre d’affaires, il effectue l’achat au nom du client et demande une facture à l’imprimeur. Le graphiste remet alors cette facture au client en lui demandant le remboursement complet du montant. De cette façon, le travailleur indépendant ne facture personnellement que le service fourni.

Le remboursement des débours

Certaines conditions doivent être respectées pour le remboursement des débours :

  • Le client doit avoir donné son consentement pour engager les dépenses.
  • Vous devez vous assurer que le remboursement concorde de façon exacte avec le montant inscrit sur la facture du fournisseur. Comme les sommes doivent correspondre au centime près, vous ne pouvez pas faire de marge sur les produits achetés.
  • Le micro-entrepreneur doit laisser l’original de la facture au client et ne garder que la copie.
  • Vous devez également conserver la preuve de remboursement.

Attention : le débours n’est pas une refacturation, mais bien une facture établie au nom du client. N’oubliez pas de conserver tous les justificatifs liés aux achats et au remboursement de ces achats, afin de bien pouvoir justifier vos débours au fisc.

En bref, le statut de micro-entrepreneur ne vous permet pas d’effectuer la déduction des frais professionnels. Ce sont donc les débours qui vous permettront de maximiser votre retour d’impôt. La tâche est un peu plus complexe au niveau administratif, mais rassurez-vous : l’investissement en vaudra largement la peine. À vos débours!


À propos de l’auteur
: Gabrielle Cyr est une professionnelle en communication et marketing avec 10 années d’expérience en gestion. Détentrice d’un baccalauréat en linguistique, elle aide les travailleurs autonomes et les PME à développer leur entreprise sur le web. En tant que rédactrice, elle parle surtout d’entrepreneuriat, de développement durable, de science et de bien-être.